Les premiers chrétiens et le spiritisme

« Les chrétiens se livraient aussi aux évocations des défunts et communiquaient avec les esprits des morts. On retrouve dans les Actes des Apôtres de nombreuses indications sur ce point : Ac 8,26 ;11,27-28 ; 16,6-7 ; 21,4. Saint Paul, dans sa première épître aux Corinthiens, décrit, sous le nom de dons spirituels, tous les genres de médiumnité. Il se déclare instruit directement par l’esprit de Jésus dans la vérité évangélique.

Léon Denis, Après la mort ; exposé de la doctrine des esprits

Regardons de plus près les citations :

Ac 8, 26 L’Ange du Seigneur s’adressa à Philippe et lui dit : “Pars …”.

Ainsi donc pour le spiritisme, ce que l’Ecriture désigne comme des « Anges » ne seraient que des esprits ; pour notre auteur il s’agirait d’esprits de défunts. La position n’est nullement argumentée et pour cause : il s’agit d’une interprétation allant à l’encontre de toute la tradition Biblique, qui condamne sévèrement la nécromantie.

Ac 11, 27 En ces jours-là, des prophètes descendirent de Jérusalem à Antioche. 28 L’un d’eux, nommé Agabus, se leva et, sous l’action de l’Esprit, se mit à annoncer qu’il y aurait une grande famine dans tout l’univers. C’est celle qui se produisit sous Claude.

Cette fois c’est l’Esprit Saint lui-même qui est réduit à n’être qu’un esprit d’outre-tombe et les prophètes des médiums. L. Denis ne tient nullement compte de l’intentionnalité – pourtant clairement annoncée – du livre des Actes, qui décrit les progrès de la jeune Eglise sous la direction de l’Esprit de Pentecôte, envoyé par Jésus ressuscité sur le groupe des Apôtres (Ac 2). Même procédé dans les deux citations suivantes :

Ac 16, 6 Ils parcoururent la Phrygie et le territoire galate, le Saint Esprit les ayant empêchés d’annoncer la parole en Asie. 7 Parvenus aux confins de la Mysie, ils tentèrent d’entrer en Bithynie, mais l’Esprit de Jésus ne le leur permit pas.

Ac 21, 4 Ayant découvert les disciples, nous restâmes là sept jours. Poussés par l’Esprit, ils disaient à Paul de ne pas monter à Jérusalem.

L’auteur interprète les textes à partir de ses a priori, sans le moins du monde tenir compte de l’identité, pourtant clairement annoncée, de l’Esprit dont il est question. Avant de monter au ciel, Jésus ressuscité avait en effet annoncé :

Ac 1, 8 Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous.

« L’Esprit Saint » est incontestablement un « Autre », une tierce personne ; il ne saurait être confondu avec l’esprit du Christ défunt, puisque c’est Jésus lui-même, ressuscité, qui annonce sa venue.

Le caractère fantaisiste de l’interprétation de L. Denis est encore plus flagrant dans le cas des charismes ; Saint Paul précise en effet :

1 Co 12, 4 Il y a, certes, diversité de dons spirituels, mais c’est le même Esprit ; 5 diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; 6 diversité d’opérations, mais c’est le même Dieu qui opère tout en tous.

Pour être sûr de bien se faire comprendre, l’Apôtre expose sa doctrine dans une perspective trinitaire : les « dons, ministères, opérations » sont rapportés à « l’Esprit, au Seigneur, et à Dieu ». La confusion est impossible, du moins pour un lecteur objectif : l’Esprit Saint est donné aux croyants afin qu’ils puissent accomplir les ministères que le Seigneur Jésus leur a confiés, de manière à glorifier le Père en toutes leurs oeuvres.

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