Magie « blanche » et magie « noire »

On distingue1 traditionnellement la magie « blanche » et la magie « noire ». Cette distinction a un sens, spécialement quant au niveau différent de responsabilité morale auquel elle renvoie.

Magie « blanche »

L’expression magie « blanche » peut être rapportée à deux pratiques très diverses. On peut entendre par là l’art de réaliser des prodiges par des moyens naturels ; en ce sens, elle équivaut aux jeux de prestige ou aux phénomènes d’illusionnisme. Il est évident qu’un tel art, pourvu qu’il n’emploie pas des moyens illicites et ne vise pas des fins malhonnêtes, est de soi inoffensif et légitime. Ce n’est pas à lui que nous faisons allusion dans cette Note.

Mais il en va tout autrement si, par magie «blanche», on entend des formes d’intervention qui prétendent viser des buts, soit bénéfiques comme le rétablissement d’un rapport d’amour, la guérison d’une maladie, la résolution de problèmes économiques, etc., mais en recourant à l’usage de moyens inadéquats comme des talismans et des amulettes, des porte-bonheur et des philtres, des croyances en des liens existant entre le tirage de cartes, et des personnes ou des événements, ou bien par le recours à des pratiques médicales centrées sur les arts occultes ou des pouvoirs « supra-humains ».

Il est clair qu’en ce cas entrent en jeu aussi bien des formes de superstition que des escroqueries et des comportements trompeurs, contraires à la nature même de la foi et donc illicites et inacceptables, quand ils ne sont pas également dangereux pour l’intégrité psycho-physique elle-même et la vie morale de ceux qui en sont les victimes.

Magie « noire »

Encore plus grave est la magie « noire ». D’une manière directe ou indirecte, elle en appelle à des pouvoirs diaboliques, ou, de toute façon, elle prétend agir sous leur influence.

En règle générale, la magie « noire » poursuit des buts maléfiques (procurer des maladies, des malheurs, la mort) ou influencer le cours des événements dans son intérêt propre, spécialement pour en tirer des avantages personnels comme des honneurs, des richesses ou des choses semblables.

On l’appelle magie « noire » à cause des méthodes auxquelles elle recourt et des fins qu’elle poursuit. Cette forme de magie est une véritable expression d’anti-culte, qui vise à ce que ses adeptes deviennent des « serviteurs de Satan ».

Elle comprend tous ces rites ésotériques, sur fond satanique, qui ont leur point d’orgue avec ce que l’on appelle les messes noires.

De fait, une telle forme de magie ne s’explique pas sans une « influence du père du mensonge» (Jn 8, 44) qui, comme l’enseigne l’Écriture, tente de toutes les conduire à l’erreur et au mal (cf. 1 P 5, 8), malgré la défaite qu’il a subie avec la venue en ce monde du Fils de Dieu (cf. Lc 10, 18) et le triomphe glorieux de sa résurrection (cf. Ph 2, 9).

  1. Lettre pastorale : Magie et démonologie, DC 2104(1994)988-998 []
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