Magie et nouvelle évangélisation

La problématique1 traitée dans ce document est liée en dernière analyse à l’exigence de cette « nouvelle évangélisation » dont le Saint-Père s’est fait, en ces dernières années, le témoin et le porte-parole infatigable.

La recherche du « magique », sous ses diverses formes, découle d’un besoin de sens et de réponses que la société d’aujourd’hui n’est pas en mesure de donner, spécialement dans le cadre d’une situation d’insécurité et de fragilité croissantes. Le recours à la magie et aux pratiques de divination, devient par conséquent une compensation du vide existentiel qui caractérise la précarité de notre époque.
C’est dans ce vide – qui concerne même des chrétiens qui n’ont pas grandi dans une foi adulte – que se pose l’urgence d’une annonce authentique et enthousiaste de l’Évangile et de la grâce du Christ. Seule une redécouverte capillaire et étendue du sens véritable de la religion et de la foi en Dieu, Père, Fils et Esprit, permet de répondre de la manière la plus adéquate à l’expansion de la magie, sous ses multiples formes anciennes ou récentes, et de faire la lumière sur les questions concernant le discernement de l’action de Satan dans le monde.

Il faut à nouveau proclamer, avec une vigueur renouvelée, comme à l’aube de l’Église, que seul Jésus, le Ressuscité vivant pour l’éternité, est le Sauveur et que « en dehors de lui, il n’y a pas de salut. Et son Nom, donné aux hommes, est le seul qui puisse nous sauver » (Ac 4, 12).

Les « auteurs d’actes d’occultisme » ne trouvent un terrain fertile que là où il y a absence, vide, de l’évangélisation. Nous devons leur rappeler, ainsi qu’à leurs victimes, comme nous l’avons affirmé à plusieurs reprises dans cette Note, que leurs actions sont dévoyées et en contradiction absolue avec la vérité et la consistance de la foi.
En proposant la plénitude de l’existence chrétienne, la nouvelle évangélisation ne doit pas omettre de se faire conscience critique et dénonciation de ces formes de magie qui – à des titres divers, selon qu’il s’agit de magie blanche ou de magie noire – s’opposent au contenu de la foi et à une vision de la vie qui corresponde à la révélation de Dieu confiée à l’Église.

Il faut en ce domaine une grande attention pastorale et une absolue clarté des principes. De manière positive, il faut redonner la place qui leur reviennent à l’écoute de la Parole de Dieu, à la célébration des sacrements en tant qu’actes du Christ et de l’Église, et signes efficaces de la grâce pascale, surtout à l’Eucharistie, source et sommet de toute la vie des chrétiens.

« La sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l’Église, c’est-à-dire le Christ lui-même, lui notre Pâque, lui le Pain vivant, lui dont la chair, vivifiée par l’Esprit Saint et vivifiante, donne la vie aux hommes, les invitant et les conduisant à offrir, en union avec lui, leur propre vie, leur travail, toute la création » (Presbyterorum ordinis, 5).

  1. Lettre pastorale : Magie et démonologie, DC 2104(1994)988-998 []
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