Les égrégores : application à l’Eglise ?

Certains auteurs réduisent l’Eglise à une organisation strictement humaine, dont le seul but serait d’entretenir un égrégore de type religieux. Or le spécifique chrétien n’est pas œuvre humaine : il est don de Dieu dans l’Esprit. L’Eglise est l’Epouse du Christ, dont elle transmet la grâce salvifique au monde. Certes, toute organisation humaine suscite un égrégore ; ce n’est cependant pas sous cet égrégore humain que chemine le croyant, mais sous la nuée de l’Esprit Saint.

Deux pièges, correspondant à deux conceptions réductrices qui majorent l’importance de l’égrégore naturel par rapport à la grâce surnaturelle, sont dès lors à éviter :
– La réduction de l’Eglise à une organisation humaine qui ne tirerait sa force que d’un égrégore « fonctionnel », dans l’oubli de sa dimension transcendante.
– La sacralisation d’un égrégore « vital », créé et entretenu dans le contexte d’une religiosité affective, insistant de manière excessive sur la dimension émotionnelle de la foi.

L’énergie astrale accumulée sur une assemblée de ce second type par l’émotion collective de ses membres, peut donner l’illusion d’une onction surnaturelle. Elle peut même provoquer des phénomènes qui seront interprétés en termes de « miracles », alors qu’ils résultent de l’action de l’égrégore.

Dans toute action collective, un discernement s’impose, afin d’éviter que les personnes deviennent dépendantes d’un égrégore qu’elles auraient elles-mêmes engendré.

10 réponses à “Les égrégores : application à l’Eglise ?”

  1. Elisabeth 18 octobre 2006 à 19 h 28 min #

    Merci pour cette explication très claire mon Père. Le seul point un peu difficile à comprendre pour moi c’est le « découpage » de l’être humain : corps, psychisme inférieur, intelligence, esprit. Et l’onction de l’Esprit Saint par surcroît. Comment s’y retrouver, comment discerner? L’être humain est une personne et tout me paraît inextricablement mêlé. Dans ce que je fais ou dis je me sens bien incapable de distinguer tout cela. Une comparaison : dans un gâteau cuit, comment reconnaître chaque ingrédient? Est-il possible d’analyser une synthèse? Dieu est le Tout Autre, je le crois, mais qu’est-ce qui pourrait me permettre de dire : « c’est la grâce de l’Esprit », plutôt que le résultat de ma réflexion ou la réponse de mon coeur?
    Dieu n’est-il pas le seul à le savoir?
    Un grand merci à vous pour tout.

    • Père Joseph-Marie Verlinde 22 octobre 2006 à 7 h 21 min #

      Tout est en effet inextricablement mêlé, et fort heureusement, sans quoi nous perdrions notre unité intérieure, notre intégrité personnelle. C’est bien le même et unique sujet personnel qui se manifeste dans son corps, son âme et son esprit ; si nous distinguons ces niveaux, c’est uniquement pour mieux comprendre les différents niveaux d’expression de notre liberté. C’est face au Tout-Autre, au plus intime de mon cœur (mon esprit) que je décide du sens de ma vie ; c’est avec l’autre (dimension psychique) que je construis mon projet de vie ; et c’est grâce à mon corps que je peux incarner ce projet, le réaliser. Il est certes difficile de ne pas se mélanger les pinceaux ; c’est même parce que le danger existe de confondre une expérience psychique et une expérience spirituelle (au sens propre du terme : rencontre avec le Tout-Autre) que nous faisons cet effort de clarification, qui est sans aucun doute insuffisant.

      • Colombe 23 octobre 2006 à 7 h 33 min #

        Merci Père pour l’effort de clarification et de discernement quant à ce qui est vraiment d’ordre spirituel et ce qui ne l’est pas.
        Les passions de l’âme correspondant à la dimension animale et physique, puissent tous ceux qui sont en recherche « spirituelle » devenir conscients des égrégores et comprendre le sens de leurs actes afin d’être protégés des débordements affectifs de la prière, de cette prière sentimentale qui donne l’illusion que l’Esprit Saint est descendu ou dans un type d’égrégore que vous n’aurez pas de mal à identifier, prendre conscience de l’illusion d’avoir compris ce qu’est l’illusion !

        • Pierre-Eloi 28 octobre 2006 à 13 h 59 min #

          «cette prière sentimentale qui donne l’illusion que l’Esprit Saint est descendu»

          Lorsqu’on laisse apparaître nos sentiments pour le Christ cela empêcherait le Saint Esprit de se manifester?

          • Père Joseph-Marie Verlinde 5 novembre 2006 à 9 h 12 min #

            Merci de votre remarque qui me permet de préciser mon propos. Il ne s’agit pas d’évacuer l’affectivité de notre prière : c’est avec tout mon être que je vais vers Dieu, y compris avec mon affectivité. Mais celle-ci n’étant pas une faculté « spirituelle » au sens fort (elle est encore étroitement mêlée aux passions de l’âme, qui s’enracinent dans ma dimension corporelle), elle devrait demeurée subordonnée aux facultés proprement spirituelles (intelligence et volonté). Le risque d’une prière avant tout affective, jouant sur les sentiments et émotions, réside dans le fait qu’elle s’enracinerait principalement dans les passions de l’âme, qui alimentent précisément les égrégores.

  2. VIDAL PIERRE 22 octobre 2006 à 0 h 49 min #

    Tout d’abord,je n’ai pas bien saisi le sens d’égrégore (rassemblement chrétien ? groupe de prière?).
    Ensuite, j’ai trouvé très intéressant ce discours clair etconvainquant .Enfin,petite diversion perso, le père Verlinde n’était-il pas au séminaire F. de Rome en 1980 ,comme moi (mais je n’ ai pas continué…)?

    • Frère Dominique 22 octobre 2006 à 7 h 19 min #

      > Tout d’abord, je n’ai pas bien saisi le sens d’égrégore

      Cette vidéo est la troisième d’une série de trois… Pour répondre à votre question, je me permets de vous renvoyer vers la présentation et la réflexion critique.

      > le père Verlinde n’était-il pas au séminaire F. de
      > Rome en 1980

      Puisque j’ai commencé, je me permets de répondre à sa place : oui 🙂

  3. Bonjour 3 novembre 2006 à 16 h 06 min #

    L’orateur donne l’exemple d’un perçu « d’électricité dans l’air » en entrant dans une pièce où un couple aurait eu une interaction orageuse :o) Sans nier une possible perception extrasensorielle, si ce terme ne dénature pas le propos initial, il reste que chacun perçoit avec ses sens beaucoup plus qu’il en est conscient. Cela relève autant d’un perçu verbal que du non verbal ou paraverbal. Avant d’entrer dans la dite pièce le couple en question « vous » a accueilli et il a été possible de percevoir des informations, même à un niveau non immédiatement conscient; informations qui rencontrent notre propre expérience de la vie (on peut ici peut-être joindre ce qui concerne la cryptomnésie) et de cette rencontre de ce mixage on en tire une impression qui fait dire « qu »‘il y a eu de l’életricité dans l’air » propos qui traduisent alors simplement un processus d’analyse encore inconscient. Le défi que chacun a à relever et probablement celui d’un éveil de ses sens, et d’une capacité améliorée à discerner ce qui est perçu de la traduction que l’on en fait à l’aune de nos croyances. C’est peut être aussi une interprétation que je pourrai faire des derniers propos de l’orateur.
    Cordialement

  4. Anonyme 17 décembre 2006 à 23 h 44 min #

    Bonjour mon père,

    Comme beaucoup de chrétiens qui, depuis leur naissance, baigne dans dans une foi qui intègre des concepts occultes, je tente de faire preuve de discernement avant de faire table rase de ce qui me semble contraire à la foi.

    J’aimerai obtenir quelques éclaircissements sur les égrégores. Visiblement, ces formes pensées sont omniprésentes et nous sommes tous sous l’influence d’un ou plusieurs égrégores dès lors que nous rejoignons un groupe (que ce soit dans le domaine politique, sportif etc…). Par conséquent, j’ose espérer (sans aucune ironie), que ces créations inconscientes et spontanées puissent être positive et même constructives. Fais-je fausse route?

    Vous dîtes que certains égregores préparent la venue du Christ. A quoi faîtes vous référence exactement?

    merci de votre réponse

    • Père Joseph-Marie Verlinde 20 décembre 2006 à 20 h 36 min #

      L’égrégore n’est pas forcément négatif : (s’il existe) il fait partie des conséquences de toute action concertée. A nous de savoir utiliser cette possibilité de manière positive, c’est-à-dire pour le bien commun et non pour nous asservir les personnes. Une assemblée unie dans une commune prière construit un égrégore ; l’erreur serait de confondre cet égrégore avec l’onction de l’Esprit Saint.