Les égrégores : réflexion critique

Peut-on parler d’une « énergie mentale » ? Pour la philosophie occidentale – et pour la Révélation chrétienne – l’intelligence est une faculté spirituelle, c’est-à-dire une faculté qui transcende radicalement la matière. On peut admettre que l’on parle des passions de l’âme en termes « d’énergie » – l’occultisme la qualifiera d’ « astrale » – car les sentiments et émotions sont étroitement liés à notre dimension physique. Or nous savons depuis la Relativité restreinte que la matière et l’énergie sont équivalentes selon l’équation de conversion ?E = ?m x c2. Mais il faut maintenir l’absolue transcendance des facultés spirituelles. Aussi les expressions « forme-pensée » et « énergie mentale » ne sont-elles pas pertinentes, car elles objectivisent le fruit de l’activité intellectuelle. Les égrégores sont donc tout au plus des agglomérats d’ « énergie vitale » – ce terme visant l’activité des passions sensibles.

2 réponses à “Les égrégores : réflexion critique”

  1. Azerty 11 octobre 2006 à 12 h 57 min #

    Mais pourquoi « il FAUT maintenir l’absolue transcendance des facultés spirituelles. » ?

    On ne peut pas démontrer une chose en partant d’une base qui n’est qu’un dogme non démontré.

    On pourrait tout aussi bien partir du dogme « la pensée est une énergie » pour conclure que les facultés spirituelles ne sont donc pas transcendantes.

    Il n’y a la aucune démonstration mais juste le choix arbitraire d’un dogme et le rejet d’un autre.

    En outre, puisque la pensée contient aussi plein de passions mauvaises, rien ne nous dit donc qu’elle soit de nature spirituelle. Il faut donc faire la diférence entre la conscience (qui est peut-être de nature spirituelle) et les pensées, qui sont contenues à l’intérieur. Et ces pensées peuvent être de natures diverses mais différentes de leur contenant.

    Aprés tout il est possible que les pensées ne soient que des courants de neuromédiateurs entre les neurones.
    Mais la conscience elle-même est bien plus difficile à expliquer.

    • Père Joseph-Marie Verlinde 11 octobre 2006 à 13 h 59 min #

      Le « il faut » n’est pas une exigence dogmatique, mais logique : il y va de la cohérence du discours, ou disons simplement du langage. Si nous définissons l’esprit comme ce qui est sans commune mesure avec la matière (pour définir de façon simple la transcendance de l’esprit sur la matière), alors dans la suite du même discours, il devrait être entendu que nous ne pouvons plus identifier l’esprit à un état subtil de la matière, que ce soit une forme d’énergie physique ou occulte.

      Il est bien sûr possible de construire un raisonnement sur un autre principe, à savoir l’identité de l’esprit et de la matière : c’est ce que font les naturalismes. Mais lorsque j’introduis le « il faut », j’argumente explicitement à partir des principes d’une philosophie réaliste et spiritualiste (j’entends par là : qui distingue une matière bien réelle d’un esprit bien réel lui aussi, mais appartenant à sur autre plan de réalité, à savoir le domaine spirituel).

      Me référant à l’anthropologie biblique, explicitée par Saint Thomas, je ne dirais pas que les passions de l’âme relève du domaine de la pensée. Elles sont l’émanation de notre nature « animale » et sont appelées précisément à être rationnalisées. Sur ce point je crois d’ailleurs que – par des chemins différents certes – Freud et le Docteur Angélique se rejoignent !

      Quant à la pensée, elle a effectivement besoin des neurones pour s’exprimer ; mais par sa nature, il me semble qu’elle transcende le niveau neuronal. Je vous renvoie entre autres au livre « Le mystère humain » du prix Nobel de neurobiologie John Eccles, qui reconnaissait qu’on ne peut expliquer la pensée par les interactions neuronales : il faut recourir à un surplus de sens qui vient d’un mystérieux « ailleurs » transcendant que nous appelons la dimension spirituelle.