Les pratiques occultes

7- L’ésotérisme peut-il aussi apporter aux chrétiens des choses utiles ?

Tout n’est probablement pas faux dans les doctrines ésotériques ; mais comment faire le tri dans cette masse d’informations touchant tous les domaines, de la cosmogonie à l’anthropologie en passant par la théorie de l’évolution ? D’autant plus que si les écoles ésotériques convergent sur un certain nombre de points, les divergences ne sont pas moins notables. Peut-être une étude comparée des différents courants de pensée néo-gnostiques permettrait-elle de dégager une vision commune, en particulier en ce qui concerne les fameux « niveau » et « corps subtils » – invoqués comme cause explicative du fonctionnement de la magie, mais aussi des phénomènes comme les NDE (Near Death Experiences). L’intérêt demeurerait cependant très limité car ces hypothèses demeurent scientifiquement invérifiables, ne jouissant même pas de l’objectivité faible (reproductibilité des résultats indépendamment des expérimentateurs).

Enfin et surtout, si la Révélation ne souffle mot de ces mondes parallèles, n’est-ce pas parce que leur fascination risque de détourner le croyant de la recherche du Royaume des cieux ? Nous ne sommes pas appelés à devenir les magiciens de ce monde, manipulant des forces occultes avec la complicité des esprits ténébreux, mais les prêtres du monde à venir, accueillant la grâce divine pour nous mettre au service du « Christ, en qui Dieu a voulu que toute chose trouve son accomplissement total » (Col 1, 19).

Recueilli par Henrik Lindell

i -Thomas d’Aquin, « Religio supra modum servata », Somme Théologique, IIa IIae, 9.92-96.
ii – Thomas d’Aquin, Somme Théologique, IIa IIae, q.96, a.4, ad. 3.

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