L’imagination

« L’imagination est comme l’œil de l’âme, et c’est en elle que se dessinent et se conservent les formes, c’est par elle que nous voyons les reflets du monde invisible, elle est le miroir des visions et l’appareil de la vie magique : c’est elle qui exalte la volonté et qui lui donne prise sur l’agent universel.

Ce qu’on appelle l’imagination n’est que la propriété inhérente à notre âme de s’assimiler les images et les reflets contenus dans la lumière vivante, qui est le grand agent magnétique.

Pour le sage, imaginer c’est voir, comme pour le magicien, parler, c’est créer.

On peut voir réellement et en vérité les démons, les âmes, etc. au moyen de l’imagination ; mais l’imagination de l’adepte est diaphane, tandis que celle du vulgaire est opaque.

Le voyant sait de science certaine que les choses imaginées par lui sont vraies, et l’expérience confirme toujours ses visions.

C’est au moyen de cette lumière que les visionnaires se mettent en communication avec tous les mondes.

Le songe est la vision produite par la réfraction d’un rayon de vérité ; le rêve est l’hallucination occasionnée par un reflet. Démêler le rayon direct et le séparer du reflet, telle est l’œuvre de l’initié. »

Eliphas Lévi, Dogme de Haute Magie, p. 78-79

Il y aurait donc pour notre auteur une imagination vulgaire, qui n’est qu’illusion ; et une imagination supérieure, celle de l’adepte, qui serait perception directe de la réalité du plan astral. Comme la magie est l’art de disposer de « l’agent universel » – autre terme pour l’énergie astrale – il est primordial que le mage puisse accéder à une visualisation de ce niveau occulte. C’est pourquoi tous les traités de magie insistent sur l’apprentissage d’une visualisation correcte, par l’éveil de l’imagination (au sens occulte du terme).

Pour l’occultiste, « il n’y a pas de monde invisible ; il y a seulement plusieurs degrés de perfection dans les organes. Spirituel et corporel sont des mots qui expriment seulement les degrés de ténuité ou de densité de la substance » (Ibid.). De même que nous avons des organes physiques – les yeux – pour voir au niveau grossier de la réalité matérielle, l’occultisme prétend que aurions également des organes « spirituels » qui nous permettraient de « voir » dans les mondes plus subtils qui nous entourent. L’imagination définirait précisément cette faculté par lequel l’adepte pourrait acquérir cette perception des choses spirituelles. C’est en agissant sur les corps subtils de l’adepte – plus précisément en ouvrant ses « chakras » – que le rituel initiatique donne accès à cette vision imaginative. Le terme « imagination » désigne donc la vision médiumnique de l’initié, par laquelle il accède au plan astral.

Comme la trace de tous les événements advenus sur terre est prétendument conservée dans « l’agent universel », l’initié prétend pouvoir lire l’histoire passée par vision directe, grâce à son imagination subtile. D’où le mépris de bon nombre d’occultistes pour les historiens, qui ne verraient selon eux que les traces matérielles des événements, alors que les médiums pourraient « voir » les faits tels qu’ils sont advenus, grâce à leur reflet sur le plan astral.

Les mêmes occultistes ont plus de mal par contre, à rendre compte des différences, voire des contradictions, entre les différentes descriptions d’un même événement qu’ils nous proposent ! Ceci est particulièrement flagrant en ce qui concerne « la reconstruction de la vie historique de Jésus-Christ ». Il y a autant de biographie occultes de Notre-Seigneur que de médiums qui se sont attelés à cette tâche !

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