Ouvriers pastoraux et nouvelle évangélisation

La problématique1 étudiée ne concerne pas seulement certains cas ou certaines personnes en charge ; elle concerne tous les fidèles et tous les ouvriers pastoraux.

Comme nous avons eu l’occasion de le montrer, le phénomène de la magie est plus large que le seul fait de la possession diabolique et met en discussion2 l’identité même du christianisme et de son annonce aux hommes d’aujourd’hui. En tenant compte de l’expansion de ces pratiques magiques, soit sous l’aspect de l’occultisme et de l’ésotérisme, soit sous celui du syncrétisme religieux et des nouveaux groupes sectaires, on demande aux ouvriers pastoraux d’avoir une réelle conscience de la magie, des tendances de pensée et des pratiques qui en sont issues, et des déformations mentales qu’elle induit dans les sujets mêmes à évangéliser.

À cet égard, nous souhaitons :
– que les ouvriers pastoraux, convenablement formés, fassent aux divers niveaux une œuvre intelligente d’évangélisation qui prévienne les fidèles et les éclaire devant les dangers d’un concept erroné du christianisme, en développant au maximum la dimension positive et la richesse de l’annonce évangélique par rapport aux aspirations et aux questions des hommes d’aujourd’hui ;
– que les prêtres, particulièrement, aussi bien dans l’homélie dominicale que dans l’exercice de leur ministère de confession et de direction spirituelle, mettent en garde les fidèles contre le danger d’une recherche immodérée de ce qui est « extraordinaire » dans la foi, et contre une compréhension infantile de la démonologie dans l’ensemble hiérarchique des vérités de la foi ;
– qu’une attention particulière soit accordée à la tendance de certains de se laisser attirer par des « apparitions privées » et des phénomènes charismatiques de provenance douteuse : que l’on se rappelle que d’éventuelles « manifestations » du Seigneur, de la Vierge Marie et des saints, ne rentrent pas dans les vérités « fondamentales » de la foi et que, de toute façon, elles doivent être évaluées avec une extrême prudence : ces expériences conservent un caractère privé et il n’est jamais permis de les porter au pinacle ou de les substituer au contenu authentique du Credo.

L’absolue et irremplaçable seigneurie du Christ

Au moment de terminer cette Note, nous voulons réaffirmer l’absolue et irremplaçable seigneurie de Jésus-Christ, non seulement dans la vie de l’Église mais dans l’histoire même du cosmos et de l’humanité :

« Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né avant toute créature; en lui tout fut créé dans le ciel et sur la terre, les êtres visibles et invisibles… Tout fut créé par lui et pour lui. Il est avant toute chose et tout subsiste en lui » (Col 1, 15-17).

Seul, le Seigneur Jésus est l’Alpha et l’Omega, le commencement et la fin (cf. Ap 1, 8). Il a, et lui seul, le pouvoir et la gloire dans les siècles des siècles (cf. Ap 11, 15-18), il a fait tomber l’Accusateur des hommes et il a rendu victorieux ses frères (cf. Ap 12, 10-12). Lui, et lui seul, a proclamé le don gratuit de l’eau de la vie à ceux qui seront victorieux du mal et de toute forme de « sorcellerie » (cf. Ap 21, 6-8).

Celui qui a découvert Jésus-Christ n’a pas besoin d’aller chercher le salut ailleurs. Il est l’unique et authentique Rédempteur de l’homme et du monde. De cette certitude jaillit la joie de notre foi.

Comme Jean, tout au long du chemin de la vie, nous pouvons proclamer la doxologie du peuple des rachetés, dans l’attente de l’entrée définitive dans la patrie glorieuse :

« À lui qui nous aime, qui nous a délivrés de nos péchés par son sang, qui a fait de nous un royaume et des prêtres pour Dieu son Père, à lui gloire et puissance pour les siècles des siècles. Amen » (Ap 1, 5-6).
  1. Lettre pastorale : Magie et démonologie, DC 2104(1994)988-998 []
  2. RE, 16-17. []
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