Superstition et idôlatrie

2110 Le premier commandement interdit d’honorer d’autres dieux que l’Unique Seigneur qui s’est révélé à son peuple. Il proscrit la superstition et l’irréligion. La superstition représente en quelque sorte un excès pervers de religion; l’irréligion est un vice opposé par défaut à la vertu de religion.

La superstition

2111 La superstition est la déviation du sentiment religieux et des pratiques qu’il impose. Elle peut affecter aussi le culte que nous rendons au vrai Dieu, par exemple, lorsqu’on attribue une importance en quelque sorte magique à certaines pratiques, par ailleurs légitimes ou nécessaires. Attacher à la seule matérialité des prières ou des signes sacramentels leur efficacité, en dehors de dispositions intérieures qu’ils exigent, c’est tomber dans la superstition (cf. Mt 23,16-22 ).

L’idolâtrie

2112 Le premier commandement condamne le polythéisme. Il exige de l’homme de ne pas croire en d’autres dieux que Dieu, de ne pas vénérer d’autres divinités que l’Unique. L’Ecriture rappelle constamment ce rejet des « idoles, or et argent, oeuvres de mains d’hommes », elles qui « ont une bouche et ne parlent pas, des yeux et ne voient pas … ». Ces idoles vaines rendent vain: « Comme elles, seront ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi » ( Ps 115,4-5; Ps 115,8 cf. Is 44,9-20; Jr 10,1-16 Da 14,1-30; Ba 6; Sg 13,1-15,19 ). Dieu, au contraire, est le « Dieu vivant » ( Jos 3,10; Ps 42,3 etc.), qui fait vivre et intervient dans l’histoire.

2113 L’idolâtrie ne concerne pas seulement les faux cultes du paganisme. Elle reste une tentation constante de la foi. Elle consiste à diviniser ce qui n’est pas Dieu. Il y a idolatrie dès lors que l’homme honore et révère une créature à la place de Dieu, qu’il s’agisse des dieux ou des démons (par exemple le satanisme), de pouvoir, de plaisir, de la race, des ancètres, de l’Etat, de l’argent, etc. « Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon », dit Jésus ( Mt 6,24 ). De nombreux martyrs sont morts pour ne pas adorer « la Bête » (cf. Ap 13-14 ), en refusant même d’en simuler le culte. L’idolâtrie récuse l’unique Seigneurie de Dieu; elle est donc incompatible avec la communion divine (cf. Ga 5,20; Ep 5,5 ).

2114 La vie humaine s’unifie dans l’adoration de l’Unique. Le commandement d’adorer le seul Seigneur simplifie l’homme et le sauve d’une dispersion infinie. L’idolâtrie est une perversion du sens religieux inné de l’homme. L’idolâtre est celui qui « rapporte à n’importe quoi plutôt qu’à Dieu son indestructible notion de Dieu » (Origène, Cels. 2,40).

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