Le défi de la non-croyance et de l’indifférence religieuse – IV

L’Église a reçu du Seigneur la lumière de l’Évangile, pour la transmettre aux hommes et aux femmes de toutes les cultures. Depuis deux millénaires, elle ne cesse de construire des ponts pour donner aux habitants de la cité terrestre de rencontrer le Christ vivant dans ses membres. Le dialogue personnel dans lequel je découvre l’autre dans ce qu’il est et ce qu’il porte en lui, dans la dignité de sa quête singulière, et le renouveau de l’apologétique qui prend en compte les interrogations de nos contemporains, sont les rampes de ces ponts qui permettent d’accueillir nos frères, de les écouter et de susciter un vrai questionnement, notamment pour réveiller les indifférents. La vérité de l’Évangile est inépuisable, et elle suffit à combler toutes les attentes des hommes et des femmes au travers des millénaires. Encore faut-il donner d’atteindre les intelligences et de toucher les coeurs qui en sont éloignés.

La lumière de l’Évangile nous est donnée pour transfigurer nos vies de chrétiens et de pasteurs de l’Église. La sainteté de vie est le meilleur vecteur de la lumière. C’est dire l’urgence d’un profond renouveau dans l’Église avec la recherche d’une véritable culture de la sainteté à l’intérieur de nos Églises particulières. C’est une question d’authenticité du témoignage : le saint sait qu’il n’est pas source de la lumière. Il l’aime de toute son âme et, avec une patience évangélique, il en témoigne comme un pauvre, à travers une vie conforme à ce qu’il annonce. Le scandale de la division et son rapport avec le défi de la non-croyance et du scepticisme par rapport à l’Évangile des Béatitudes, nous incitent à nous engager résolument dans le dialogue oecuménique. Le désir de l’unité est le fruit d’une charité vécue, qui est elle-même une voie d’irradiation de la vérité.

Sur ce chemin de sainteté, la prière est la respiration du chrétien. Nous nous devons de prendre les non-croyants dans notre prière quotidienne, d’invoquer la grâce de Dieu pour qu’elle nous donne de témoigner d’une manière crédible de la beauté de l’Évangile, et que ce témoignage touche le coeur des non-croyants et des indifférents, par la grâce de l’Esprit-Saint.

Notre Assemblée plénière s’est tenue sous le regard de la Trinité de Roublev : le dialogue sans parole des trois Personnes divines, où l’un tout entier est présent à l’autre dans un tourbillon d’amour tendre, accueillant et unifiant. L’icône est baignée de la lumière divine, dont l’artiste s’est laissé irradier au Thabor de la contemplation. Peut-être la lecture et la méditation de cette oeuvre incomparable nous livrent-elles le secret de notre Plenaria : c’est le mystère de l’Église-Epouse qui tire sa joie de la contemplation de son bien-aimé pour la partager à ses enfants et leur donner d’irradier les cultures sous le regard tendre et miséricordieux de la Très Sainte Trinité.

(Fin)

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