La réhabilitation de Judas

Il faut battre le fer tant qu’il est chaud. Le succès du Da Vinci Code libère les imaginations : puisque les apocryphes font la loi et détrônent les Evangiles, autant poursuivre sur la lancée.

L’Evangile de Judas vient à point nommé pour dénoncer une autre interprétation abusive due à l’Eglise de Pierre. Ce dernier étant jaloux de la place attribuée par Jésus à son disciple bien-aimé Judas, dénonça celui-ci comme un traître, alors qu’il avait tout au contraire livré son Maître à sa demande, pour lui permettre de quitter son enveloppe charnelle et retourner vers la lumière. De plus la preuve est faite que Judas ne s’est pas suicidé : sinon, comment aurait-il pu rédiger le « récit » qui vient d’être livré au grand public – comme par hasard juste avant la semaine sainte – par la revue américaine The National Geographic ?

« Much noise about nothing » diraient nos amis anglophones ! Certes ce manuscrit sur papyrus de 25 pages, en copte dialectal, est un précieux document pour les érudits s’intéressant au gnosticisme ; mais comme le déclare le prof. Rodolphe Kasser chargé de son étude, il serait vain de chercher une information historique nouvelle sur le véritable Judas l’Iscariote dans un apocryphe datant du IIe s. !

Ce n’est bien sûr pas ainsi que l’entend un certain courant médiatique, à l’affut de la moindre information susceptible de discréditer le christianisme, et qui s’est empressée de faire de la parution de cet apocryphe un nouveau « scoop », visant à jeter le discrédit sur l’Eglise, prise une fois de plus « en flagrant délit de mensonge ».

Somme toute le plus intéressant de cette découverte – qui date des années 70 – est de confirmer les travaux de Saint Irénée, qui dénonçait déjà au milieu du IIe s. cette réinterprétation abusive du personnage de Judas.

On trouvera dans l’article « Les apocryphes » paru ces jours-ci sur notre site quelques informations complémentaires sur ce document, et sur d’autres du même type.

J’ajoute pour ceux qui voudraient réagir à ce blog : ne vous étonnez pas si votre réponse tarde à être publiée : je pars demain prêcher une récollection en Pologne au sanctuaire de la Divine Miséricorde à Cracovie ; puis je ne ferai que transiter par Mont Luzin en direction du Sud Ouest – Monastère de Urt (64) – où j’interviens dans le contexte du STIM (Studium Inter Monastique). A très bientôt !