Les apocryphes

Les évangiles de l’enfance

Les Evangiles canoniques laissent les fidèles sur leur faim en ce qui concerne de larges pans de la vie du Sauveur, tels son enfance et les années de vie cachée ; ou encore l’histoire de ses parents, en particulier celle de la Vierge Marie. La dévotion populaire ne tarda pas à combler ces lacunes par des récits imaginaires qui, sans être considérés comme hérétiques, n’ont bien sûr pas été intégrés dans le Canon des Ecritures.

La création de cette littérature s’étend sur une période qui va du IIe au IVe s., voire au-delà. De multiples versions de ces « évangiles de l’enfance » ou des « cycles de la parenté » ont circulées pendant tout le Moyen Age et ont laissé une trace durable dans la dévotion populaire. C’est par un manuscrit apocryphe araméen du VIe s. que nous connaissons par exemple le nombre des Rois Mages, leur provenance et même leur nom. Ce sont également les récits apocryphes qui nous racontent la présentation de Marie au Temple, l’assomption, la naissance de Jésus dans une grotte, la présence du bœuf et de l’âne dans la crèche, etc.

Non seulement la piété populaire, mais aussi l’iconographie, et même la liturgie s’est largement inspirée de ce type d’apocryphes. Ces récits en grande partie légendaires, ont probablement intégré des éléments historiques ; mais ils assimilent également des éléments du paganisme, qui s’introduisent par ce biais au sein du christianisme populaire.

Citons parmi ces « évangiles fictions » qui regroupent tout le cycle de la parenté et de l’enfance de Jésus : le Protévangile de Jacques – ainsi nommé parce qu’il relate des événements advenus avant ceux rapportés par les Evangiles (canoniques), comme la naissance ou l’enfance de Marie ; l’Evangile du Pseudo-Matthieu ; l’Evangile du Pseudo-Thomas – cet apocryphe rédigé en grec n’est pas à confondre avec l’Evangile gnostique selon Thomas, écrit en copte, et dont il sera question plus loin ; les Evangiles arabe et araméen de l’enfance, le Transitus Mariae ; l’Histoire de Joseph le Charpentier. L’Evangile de Nicodème se présente comme un cycle de la Passion, rédigé dans le même style. Tous ces ouvrages relèvent bien sûr du genre littéraire de pseudépigraphie, l’auteur se plaçant sous le patronage d’un illustre ancien.

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