Les apocryphes

Les évangiles gnostiques

Beaucoup plus importants pour notre propos sont les évangiles d’inspiration gnostique. Le terme grec « gnosis » signifie connaissance. D’une façon générale, la gnose se définit elle-même comme la connaissance absolue, la « science » parfaite, suprême, capable de sauver celui qui l’acquiert et la possède. Elle se présente comme un enseignement réservé à une élite et transmis de Maître à disciple au cours d’un rituel initiatique. Au cours de son cheminement, l’adepte est introduit progressivement dans la doctrine naturaliste, qui constitue l’horizon conceptuel de la gnose. Il est initié au secret de son origine divine – c’est-à-dire de son identité avec le Soi divin – et du mystère de sa « chute » en ce monde des apparences. Les mythes gnostiques reprennent le schéma de l’involution/évolution, dans des présentations qui rivalisent en complexité, au point d’en devenir parfois franchement obscures.

Jusqu’aux fameuses découvertes de Nag Hammadi, on ne connaissait cette gnose « christique » que par les réfutations des Pères de l’Eglise. Les principaux adversaires de ces hérésies gnostiques furent : Justin à Rome (vers 150), Irénée à Lyon (vers 188), Tertullien à Carthage (vers 200), le pseudo-Hippolyte à Rome (vers 230), Epiphane de Salamine à Chypre (vers 374), et Augustin (IVe s.). A vrai dire, il n’est guère d’auteur ecclésiastique du IIe s. ou du commencement du IIIe qui n’ait écrit contre les hérésies en général, et plus particulièrement contre tel ou tel chef gnostique. Parmi les auteurs non-chrétiens, citons Plotin (IIIe s.), qui écrivit lui aussi une réfutation du gnosticisme. Longtemps la très abondante littérature de ces Ecoles ne fut accessible qu’à travers les extraits cités par les Pères hérésiologues, et par un document appartenant à la gnose copte, la Pistis Sophia, datant du début du IVe s., retrouvé en 1750 et traduit en 1895.

Tags: , ,