t’Chi Kong

L’histoire du t’chi kong est intimement liée à celle du taoïsme, bouddhisme et confucianisme chinois. Il fait partie intégrante de la médecine traditionnelle chinoise.
Le t’chi a la même signification que le prâna des Yogis (hindous ou tibétains). Pour les sages orientaux, il existerait une énergie de vie qui est associée à l’air que nous respirons. Elle serait présente, invisible, partout dans la nature. En pratiquant le t’chi kong, on favoriserait la circulation de cette énergie vitale.
Les pratiquants insistent : il n’y a pas besoin de croire au t’chi pour en ressentir les bienfaits. Une pratique régulière, constante et assidue permettrait d’en ressentir les effets.

1- L’idéogramme kong exprime, à la fois, l’énergie et le temps. Par kong, on entend, de façon générale, toute activité étalée dans le temps, ayant pour but de s’améliorer en utilisant l’énergie. Ce qui implique un minimum de persévérance, de discipline et de régularité dans les exercices.
Les initiateurs reconnaissent que ces exercices corporels ne sont pas qu’une simple gymnastique. Il faut, en effet, cultiver, progressivement, une qualité de présence à ce que l’on fait (le fameux « ici et maintenant »). Outre l’observation des mouvements physiques (et leurs bonnes exécutions), le pratiquant développe une sensibilité à la circulation de l’énergie interne (au niveau du Hara (Dantian), mais aussi, par exemple, du Laogong (au centre de la main). Le temps (et l’entraînement) permet de développer une attitude de réceptivité.
En fait, cette réceptivité aux énergies occultes (le t’chi ou le prâna ne sont que d’autres noms pour l’énergie astrale) s’appelle médiumnité ; et une fois la médiumnité acquise, le problème de l’influence des entités du plan occulte auquel l’adepte est devenu sensible se pose inévitablement.

2- Le t’chi kong est présenté comme un entraînement particulier permettant de faire circuler le t’chi dans son corps physique et les méridiens chinois. Il permet le « travail de l’énergie » ou encore « la maîtrise de l’énergie vitale » : c’est exactement le programme du yoga et de tous les naturalismes, travail qui conduit inévitablement aux états de médiumnité dont nous venons de parler.
La pratique persévérante devient donc à longue durée, comme une initiation implicite, obtenant les mêmes résultats.

3- L’objectif premier, nous dit-on, du t’chi kong serait l’harmonisation du corps et du mental à l’aide de l’énergie.
Ce qui suppose une métaphysique moniste : harmoniser le corps et le mental à l’aide de l’énergie signifie en clair que le corps et le mental sont deux formes, deux modalités d’une unique énergie. Que la matière soit de l’énergie condensée, soit ; mais que l’esprit soit de la même nature, nous ne pouvons en aucun cas l’admettre.
Nous retrouvons le grand abîme qui sépare les naturalismes du christianisme : les naturalismes ne respectent ni la transcendance de l’esprit sur la matière, ni la transcendance de l’Esprit (divin) sur l’esprit (humain) et pour cause : le divin serait selon eux immanent à la nature dans toutes ses manifestations, y compris matérielles.

4- Le t’chi kong permettrait de restaurer ou de rééquilibrer l’énergie vitale en pratiquant
– des exercices corporels (harmonisation du corps) associés à
– la respiration et, suivant le cas, à
– la visualisation.

Il permet, entre autre, de développer le hara qui permet de se centrer, de calmer le mental et de mieux gérer les agressions extérieures et le stress.

Nous retrouvons les étapes conduisant au samadhi présentées par Patanjali dans les Yoga sutras :
– un ensemble de postures physiques (asanas) ;
– des exercices de respiration (prâna yama) ;
– des techniques de concentration mentale (dyana).

Il n’y a donc pas de différence essentielle entre le yoga et le t’chi kong, que l’on appelle d’ailleurs parfois le yoga chinois. S’il fallait une preuve supplémentaire : l’allusion au chakra du plexus solaire, le hara, serait suffisante pour montrer qu’il s’agit bien de la même anthropologie occulte sous-jacente.
Le yoga chinois est en principe plus dynamique que le yoga hindou; mais il propose aussi des exercices statiques, tel le zhan zhuang. Zhan peut se traduire par « se tenir debout » ; et zhuang exprime un « pilier » avec l’idée d’une « fondation ». Le zhan zhuang est une position statique dans laquelle le pratiquant « se tient debout comme un pilier » (pendant dix, puis progressivement, vingt, trente minutes et plus) ou comme un arbre. Ce qui ressemble à s’y méprendre à certaines asanas du yoga.

Le t’chi kong conduit à un état de fusion cosmique, induisant des états modifiés de conscience similaires à ceux que l’on peut obtenir par le yoga ou par des rites initiatiques. Rien d’étonnant dès lors que ceux qui pratiquent un certain temps le t’chi kong ou autres technique analogue, se découvrent dotés de pouvoirs préternaturels.

Le pratiquant du t’chi kong cherche à se fondre dans les énergies cosmiques considérées comme divines, afin de se mettre en harmonie avec le “Tao” – loi universelle et immuable qui rythme et permet la cohésion de tout ce qui compose l’univers. Le chrétien, quant à lui, s’évertue avant tout à se mettre en harmonie avec les Evangiles, afin de communier au Christ dans l’Esprit.
Nous ne sommes certainement pas opposés à une saine écologie ; mais pas au point de subordonner l’homme à la nature au point de le confondre avec elle. L’harmonie de l’homme avec le cosmos est une chose ; l’harmonie de l’homme avec son Dieu en est une autre, et bien plus importante. Or cette dernière harmonie ne peut être rétablie, après le péché, que par l’œuvre du Rédempteur, Notre-Seigneur Jésus, dont bien sûr le t’chi kong ne dit rien.
Répétons encore que ce souci d’harmonie de l’homme avec son environnement est important, mais que notre expérience nous oblige à constater qu’il devient progressivement un absolu, une aliénation qui nous empêche de porter tout notre effort sur le vrai enjeu de notre vie : l’accueil de la grâce divine au nom de Jésus-Christ.

Enfin, pour ceux qui le pratiquent assidûment, le t’chi kong devient progressivement un « art théurgique », à savoir une voie d’auto-divinisation. A nouveau l’incompatibilité de ce programme avec celui du christianisme saute aux yeux : nous croyons certes que nous sommes appelés à participer à la vie divine (2 P 1, 4), mais par grâce, c’est-à-dire par l’action de l’Esprit Saint, et non par nos propres efforts ou par immersion dans les énergies créées de ce monde.

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