Les pratiques occultes

2- Pourquoi l’Église catholique n’arrive-t-elle pas à mieux prévenir contre des croyances manifestement malsaines ?

Je crois que nous avons tendance dans l’Église actuelle, à minimiser l’influence de la pensée néo-gnostique et des pratiques occultes. Au niveau des Églises locales, la mise en garde contre l’influence des nouveaux mouvements religieux – en particulier se réclamant de l’ésotéro-occultisme – est souvent accueillie avec scepticisme, comme s’il s’agissait d’un phénomène marginal qui ne mérite pas qu’on s’y intéresse. Qui s’étonnera dès lors qu’un nombre important de chrétiens – même parmi les pratiquants – croit pouvoir concilier une vie de foi avec des pratiques relevant de l’occultisme ? Certes il s’agit rarement de « sorcellerie » à proprement parler ; mais dans leur exploration des thérapies alternatives, bien des chrétiens intègrent sans le moindre discernement, des techniques s’appuyant sur la manipulation des énergies occultes – je pense par exemple au reiki (1), largement diffusé parmi les croyants. (1. Reiki est une médecine non conventionnelle japonaise basée sur des soins énergétiques par imposition des mains, ndlr)

3- Un chrétien peut-il se livrer à des pratiques de sorcellerie ?

Il n’est sans doute pas superflu de préciser ce que nous entendons par ce terme. La magie est l’utilisation des forces occultes en vue d’influer sur la nature, les événements, les personnes. Si l’action tend à une fin « bonne » – la guérison d’une maladie, le rétablissement d’une relation d’amour, la résolution de problèmes économiques, le succès d’une entreprise, etc. – on parle de « magie blanche » ; si la finalité est mauvaise, c’est-à-dire si les buts sont maléfiques – procurer des maladies, le malheur ou la mort – on parle de « magie noire » ou de sorcellerie.

Il est clair que d’aucune manière le chrétien ne peut justifier le recours à – ou la pratique de – la sorcellerie, puisqu’elle est mauvaise quant aux fins qu’elle poursuit et aux moyens qu’elle utilise. La sorcellerie sous quelque forme qu’elle se manifeste, fait partie des œuvres qui écartent du Royaume de Dieu (Ga 5, 20), si bien que l’Apocalypse exclut de la Jérusalem céleste les « menteurs » et les « sorciers » en tout genre (Ap 9, 21 ; 18, 23 ; 21, 8 ; 22, 15).

Si les chrétiens sont en général d’accord pour condamner la sorcellerie, bon nombre d’entre eux défendent cependant la légitimité du recours à la magie blanche, en raison de sa finalité « bonne ». Il ne faudrait cependant pas oublier que « la fin ne justifie pas les moyens ». Or le discernement des Écritures sur ce point est très clair : les pratiques occultes sont mauvaises en soi, et leur recours n’est dès lors jamais licite. C’est pourquoi le Catéchisme de l’Église catholique ne distingue pas entre magie blanche et noire (sorcellerie), les condamnant indifféremment toutes les deux – tout en soulignant que l’intention mauvaise ou le recours aux forces démoniaques aggravent la malice de la sorcellerie (CEC, 2117).

(les commentaires sont fermés)